Offensive générale au Mali
Une large attaque coordonnée a eu lieu vers 5h du matin aujourd'hui dans de nombreuses villes du Mali et aux alentours de la capitale Bamako.
Il s'agit d'une série d’attaques simultanées d’une ampleur rare, visant des positions stratégiques des Forces armées maliennes (FAMa). Des explosions et des tirs nourris ont été signalés dès les premières heures de la matinée, notamment autour du camp militaire principal de Kati, à une quinzaine de kilomètres de Bamako. Des témoins et des sources sécuritaires font état d’au moins deux fortes explosions suivies de rafales soutenues d’armes automatiques. Des soldats ont rapidement bloqué les routes aux abords du site.
Une offensive multi-fronts
Selon les informations circulant sur X et relayées par des comptes de suivi sécuritaire (Saheliens, analystes comme Paweł Wójcik), les opérations touchent plusieurs zones :
A Kati et Bamako, les témoins ont rapporté de nombreuses explosions et tirs près du camp Soundiata (Kati). Des sources évoquent une possible attaque à la voiture piégée contre la résidence du ministre de la Défense, Sadio Camara. Un hélicoptère d’attaque Mi-24 des FAMa a été aperçu survolant la capitale. L’État-Major a confirmé des attaques contre « plusieurs points stratégiques et casernes » dans la capitale et ailleurs.
A Sévaré dans la région de Mopti, des combats intenses sont en cours. Des sources parlent d’une attaque jihadiste (probablement JNIM) contre la base militaire, avec des allégations (non confirmées indépendamment à cette heure) selon lesquelles une partie de la base serait tombée aux mains des assaillants. C’est l’une des plus importantes opérations depuis l’offensive coordonnée de juillet 2025 dans l’ouest du pays.
Dans la région de Kidal, les combattants du Front de Libération de l’Azawad (FLA, séparatistes touaregs) ont mené des opérations contre les forces maliennes. Plusieurs positions maliennes auraient été prises ou contournées, avec un retrait signalé des forces gouvernementales et des mercenaires d’Africa Corpus dans certaines zones.
L’État-Major Général des Armées a publié un communiqué appelant la population au calme et à la vigilance, tout en confirmant que les FAMa sont engagées pour « neutraliser les assaillants ». Des vidéos circulent montrant des ripostes aériennes et des mouvements de troupes.
Les FAMa, appuyées par des éléments du Corps Africain (ex-Wagner/Africa Corps russe), font face à une menace hybride depuis plusieurs mois, d'une part les djihadistes ultra-mobiles et techniquement de plus en plus sophistiqués (drones mentionnés dans certains rapports récents), alliés tactiques ponctuels avec des rebelles touaregs. Les attaques de juillet 2025 dans l’ouest (Kayes, Niono, etc.) avaient déjà démontré la capacité du JNIM à coordonner des raids simultanés sur plusieurs villes.
À l’heure où cet article est rédigé (matinée du 25 avril), aucun bilan officiel précis n’a été communiqué par les autorités maliennes. Des sources non confirmées font état de combats toujours en cours à Sévaré et de ripostes réussies à Kati. Aucune revendication formelle n’a encore été publiée par le JNIM ou d’autres groupes, bien que l’empreinte opérationnelle corresponde à leurs modes d’action habituels.
Les autorités maliennes insistent sur la « détermination » des FAMa. Cependant, ces attaques simultanées soulignent la vulnérabilité persistante du dispositif sécuritaire, malgré des années d’appui russe et un discours souverainiste fort.
Cette journée pourrait marquer un nouveau palier dans l’escalade de la crise malienne. Elle teste la capacité de la junte à maintenir le contrôle du territoire, particulièrement autour de la capitale et dans le Centre (Mopti-Sévaré), corridor vital. Elle pose aussi la question de la coordination entre jihadistes et séparatistes, un scénario redouté par les observateurs depuis longtemps. Cette attaque pourrait signer un début de retrait des miliciens russes qui, malgré leurs succès dans la prise des villes du Nord, ont beaucoup de mal à stabiliser la situation et semble refuser les engagements à large spectre notamment à l’ouest pour se contenter du contrôle des zones conquises. S'il s'avère que les informations sur la fuite des russes de Kidal soient vraies ce sera un coup dur pour les russes et les maliens.



